Nous le disons à tous nos hôtes : le château de Sarzay est une forteresse médiévale comme nous n'en avions jamais vu. Un grand donjon, des tours rondes coiffées de poivrières, planté au milieu des champs à vingt-sept minutes de chez nous. La première fois, nous y sommes allés tous les deux. Nous y sommes retournés avec la marraine et l'oncle de Thierry, et le château nous a encore surpris.
Un propriétaire qui reconstruit de ses mains
Lors de notre première visite, nous avons croisé le propriétaire. Ancien d'EDF, il a racheté le château en ruine au début des années 1980, et depuis, il le reconstruit lui-même, de ses mains, pierre après pierre. Ce jour-là, il était tout content : il venait de réussir à reconstruire les douves, et enfin, l'eau y restait. C'était magique de voir sa passion. Nous qui avons ouvert notre maison en plein chantier, nous savons ce que représente chaque victoire de ce genre.
Il a longtemps dû batailler avec l'administration pour restaurer à sa façon.
Aujourd'hui, toute la région prend son château pour vitrine.

Six siècles debout
La famille de Barbançois s'installe à Sarzay vers 1348 et y reste près de quatre cents ans. Leur devise : « la fortune sourit aux audacieux ». Le château a traversé la guerre de Cent Ans, les guerres de Religion, la Fronde et la Révolution sans y laisser ses murs. La légende lui prête trente-huit tours à son apogée : les historiens trouvent le chiffre généreux, mais ce qui reste suffit largement à impressionner.
Une montée digne des Visiteurs
Puis vient la montée dans le donjon, et là, nous nous sommes crus dans le film Les Visiteurs. Un escalier de pierre en colimaçon, pas une marche identique, pas de rampe pour se tenir : c'est rustique, plus qu'authentique, dans son jus.
À chaque étage, une grande salle. Celle de la cheminée, avec ses trophées de chasse et ses bois de cerf posés sur la table. Celle de la longue table couverte de poteries, qui semble attendre des convives. Et la salle des gardes, avec son armure, à côté de laquelle la marraine de Thierry a pris la pose.




Sous la charpente
Tout en haut, la récompense : une charpente de chêne massif en forme de coque de navire renversée. Regardez bien la photo : la petite silhouette en bas, c'est la marraine de Thierry. De quoi mesurer la hauteur.

La vue depuis les tours
Par les ouvertures du donjon, la vue plonge sur la cour, les douves et les granges, puis file loin sur les champs et les bois de la Vallée Noire. Ce nom, c'est George Sand qui l'a inventé pour le pays. Venez par temps clair : c'est le moment de la visite qui reste en mémoire.


Le château de roman de George Sand
George Sand connaissait bien Sarzay, à huit kilomètres de Nohant. Elle en a tiré le château de Blanchemont de son roman Le Meunier d'Angibault, et elle a écrit qu'il « existe exactement tel que je l'ai fidèlement dépeint ». Le moulin d'Angibault, celui du livre, tourne toujours à quelques minutes de là.
Et avant de repartir, cherchez le cochon de paille sous son auvent : c'est le détail qui a plu à Katia.

Bon à savoir
Le château se visite tous les jours, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h, d'avril à fin décembre. Comptez une heure. L'entrée coûte 8 € pour les adultes, gratuite pour les moins de 12 ans, et les chiens sont les bienvenus. Prévoyez de bonnes chaussures : l'escalier n'a pas de rampe, et la montée sera difficile pour les personnes qui ont du mal à marcher. Le château est une propriété privée qui ferme parfois pour une réception : vérifiez sur sarzay.net avant de partir.
Depuis notre maison : 27 minutes de route.
Au départ de chez nous
Sarzay se marie très bien avec la maison de George Sand à Nohant : Nohant et l'église de Vic le matin, Sarzay l'après-midi. La fiche du château vous attend dans votre chambre, et ce sera un plaisir de vous raconter la suite de vive voix. Toutes nos idées de visites sont sur la page « Que faire dans le Berry ».