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Nous

Aux Prés du Berry — chronique d'un accueil

On arrive rarement chez nous par hasard, et pourtant, dès les premiers pas dans la cour, quelque chose se dénoue. Le tutoiement vient vite, presque malgré nous — comme si les années s'effaçaient d'un coup. Un hôte nous le disait encore récemment : ici, on se sent chez soi comme chez des amis retrouvés.


Le matin, avant même d'arriver

Ce matin-là, un SMS se pose doucement sur votre téléphone, comme une promesse qu'on vous tend avant l'heure. On vous attend pour ce soir, et on vous glisse une idée pour patienter jusque-là : l'église du Menoux, dont la voûte intérieure a été entièrement repeinte par l'artiste Jorge Carrasco, sculpteur et peintre à la fois — ou son atelier, installé au même village, où sculptures et tableaux se répondent en silence, si le temps vous en laisse le loisir avant 17h. Les collines du Berry défilent, l'une après l'autre, et la route elle-même a déjà des allures de préambule.


17h — une silhouette au portail

Elle est là, immobile devant le portail, les oreilles dressées vers la route : Tika, notre border collie, veille depuis toujours sur ce seuil. Son nom porte le nôtre en secret — TI pour Thierry, KA pour Katia — comme si elle avait toujours fait partie de l'histoire. Elle hésite un instant, vous observe, puis vous adopte d'un battement de queue. Désormais, vous êtes de son troupeau. Elle vous le prouvera bientôt, filant devant vous dans le parc, entre les 4500 m² de verdure et d'ombres d'arbres centenaires, comme pour vous ouvrir le chemin d'un royaume qu'elle connaît par cœur.


Le soir tombe, l'apéro commence

Les verres tintent doucement, la socca circule encore tiède de main en main. On ne se connaît pas, et pourtant les mots viennent sans effort, portés par la lumière déclinante du soir. Plus tard circulera un livret fait de nos mains, tissé de petites adresses et de chemins secrets — de quoi rêver déjà aux jours qui viennent, ou à ceux qu'on reviendra vivre.


À table

Rien de solennel dans notre table d'hôtes — et pourtant, chaque assiette raconte une origine : les légumes viennent tout juste du potager, encore habités de terre, la viande d'un éleveur du coin, le fromage de chèvre a le goût du pays. Le pain, nous l'avons pétri de nos mains, avec une farine du Berry moulue à la dernière minoterie encore debout dans la région. Et si vous nous avez confié vos contraintes, sachez que nous y avons pensé pour vous, avant même votre arrivée.


Loin du monde

Certains soirs, quand le ciel se déploie sans un nuage, quelques-uns glissent dans le jacuzzi extérieur, le visage tourné vers les étoiles, loin, très loin du bruit du monde.


Le lendemain matin

La nuit a passé, aussi calme que seule la campagne sait l'offrir. Autour de la table du petit-déjeuner, les visages de la veille se retrouvent, un peu plus proches déjà. Une odeur de brioche flotte encore, tenace, dans l'air du matin. Du tout fait maison : pain frais, confitures, yaourts et cette brunoise de fruits préparée à l'instant. Vous voilà prêts pour reprendre la route.


Et puis, souvent, on se retrouve

Le Berry, on y arrive parfois sans trop savoir pourquoi. Mais on y revient — pour ses chemins qui serpentent entre les bois, ses châteaux endormis au bord des rivières, ses festivals qui animent l'été, et cette façon bien à elle de faire rouler les « R » comme une musique ancienne. Alors, si le hasard — ou l'envie — vous ramène par ici, ne soyez pas surpris de retrouver Tika, fidèle au poste devant le portail.


Chez nous, l'esprit « pension de famille » ne s'éteint jamais tout à fait.